Silicones, tensioactifs, huiles minérales, etc : qui sont les faux amis de nos cheveux ? (2)

Après avoir explicité les principes de fabrication d’un produit cosmétique, dans ses grandes généralités, à travers leurs principaux composants et leur action sur notre corps, repérons les faux-amis à éviter :

Ce sont malheureusement dans les produits pour cheveux qu’on trouve le plus d’ingrédients cache misère.
Voici une petite liste de faux amis avec lesquels mieux vaut ne pas frayer… :

– Les huiles minérales : Comme nous l’avons vu dans la première partie de cet article, les huiles minérales sont des paraffines dérivées du pétrole. La vaseline appartient à cette famille. Elles bouchent les pores de la peau, empêchant ainsi le sébum de s’écouler le long de la fibre capillaire et le bulbe de croître correctement. Conséquences : les cheveux sont cassants et la sur-accumulation du sébum aux racines, entraînent la création des pellicules au niveau du cuir chevelu.

– Certains alcools : comme les alcools dénaturés (alcool éthanol) ont pour effet, une fois l’application faite sur la chevelure, de les dessécher encore plus. L’Acetyl acohol, le Cetyl alcohol, Behenyl alcohol, Stearyl alcohol ou Myristil alcohol sont en revanche considérés comme de bons alcools.

– Les silicones: Cyclomethicone, Dimethicone (et autres terminaisons en « thicone », « thiconol », « siloxane » ou « silane ») qui sur l’instant améliorent la chevelure (ils font briller la chevelure, facilitent son démêlage et la lisse) mais peuvent l’assécher et l’affaiblir à terme. Le silicone gaine le cheveux en formant un film occlusif qui peut finir par l’étouffer et le ternir notamment par effet d’accumulation (en particulier pour les silicones non solubles dans l’eau, difficiles à éliminer : cf ci-dessous).
Enfin, le silicone n’est pas dégradable, donc très mauvais pour l’environnement.

Existe-t-il néanmoins de « bons » silicones ?
Certains silicones sont moins nocifs que d’autres en particulier par leur capacité à s’éliminer plus facilement.
La Cyclomethicone (huile de silicone) peut ainsi être considérée comme satisfaisante d’un point de vue dermatologique (pas de risque d’accumulation), mais insatisfaisante d’un point de vue écologique.

Liste des silicones utilisées dans les produits capillaires en fonction de leur difficulté d’élimination :

Silicones solubles:

– PEG/PPG-20/15 Dimethicone
– PEG-12 Dimethicone

Silicones qui s’éliminent facilement:
– Amodimethicone & C11-15 Pareth 7
– Amodimethicone & Laureth-9
– Amodimethicone & Glycerin
– Amodimethicone & Trideceth-12
– Amodimethicone & Cetrinomium Chloride

Difficiles à éliminer:

– Dimethicone
– Dimethicone & Laureth-4
– Dimethicone & Laureth-23
– Amodimethicone
– Amodimethicone & Isolaureth-6
– Amodimethicone & Glycerin
– Amodimethicone & Octoxynol-4
– Dimethiconol & TEA

– Les agents tensioactifs à base de sulfates : l’ammonium lauryl sulfate, le sodium lauryl sulfate et leurs dérivés sont des détergents trop agressifs pour les chevelures frisées, bouclées et crépues. Ces substances naturelles ou synthétiques possèdent dans leurs molécules une partie soluble dans l’eau et une autre soluble dans l’huile. On les utilise pour leurs propriétés moussantes, détergentes, émulsionnantes, dans les shampooings, dentifrices, savons, crèmes à raser, laits démaquillants, etc. Ils peuvent être anioniques, cationiques, amphotères ou non ioniques. Ils sont très utilisés en raison de leur facilité d’emploi, de leur prix dérisoire, d’une excellente conservation et d’une bonne stabilité.
Parmi les plus courants on distingue :
>Les SLS comme Sodium-laureth-sulfate ou le Sodium-Lauryl-sulfate agressifs pour les muqueuses, responsables d’irritations cutanées et allergiques au niveau de la peau, des yeux et de muqueuses.
> Les polyéthylenglycols (PEG) dont l’obtention se fait à partir de gaz et de manipulations extrêmement dangereux. En outre, ils augmenteraient le phénomène de boutons et points noirs.

– La glycérine : Il ne faut pas que sa présence excède 2 à 5 % du contenu total. Très bon humectant, elle apporte à la cuticule une hydratation immédiate mais de courte durée. Utilisée dans de mauvaises conditions, elle risque de « pièger » l’eau dont le cheveu a besoin et le déshydrater à terme.

– La vaseline : encore trop souvent utilisée pour « hydrater » alors qu’elle ne fait que graisser, les « bienfaits » de la vaseline se résument à capter la poussière ambiante et à poisser. Plus dangereux, en entrant aussi en contact avec le cuir chevelu, elle va l’asphyxier, car elle ne pénètre pas comme le ferait une huile végétale, mais reste en surface, et bouche les pores.
Pire, la vaseline (produite avec du pétrole distillé et de la cire) peut causer une inflammation des follicules pileux (boutons, rougeurs, irritations, chute). Elle est aussi potentiellement allergène. Malgré cela, elle reste l’élément de base dans les produits cosmétiques et capillaires. L’étiquette de votre crème nourrissante pour les cheveux mentionne peut-être les noms INCI « Mineral oil » ou « Parrafinium liquidium » avant ou juste ou après l’eau (aqua). Cela signifiee qu’il est l’un, pour ne pas dire l’élément utilisé en plus grande quantité. Si le contact de la vaseline avec le cuir chevelu est légèrement limité pour une crème coiffante, les effets sont en revanche très inquiétants dans un après-shampoing ou une crème pour le visage…

Des huiles végétales, des beurres, des minéraux, des bases lavantes douces, des extraits végétaux permettent de retrouver ou de conserver des cheveux sains et réellement brillants. Ce sont ces ingrédients qu’il faut rechercher dans un bon produit capillaire. Les extraits végétaux et les huiles essentielles sont capables de fortifier, de faire briller les cheveux, mais aussi d’équilibrer la production de sébum et de purifier le cuir chevelu, base d’une chevelure saine, donc belle.

A lire en complément : Les secrets d’un bon produit capillaire
et aussi… Les huit condamnés de la cosmétique

Sources : La vérité sur les cosmétiques de Rita Stiens / Chantal Clergeaud, Votre beauté au naturel, Editions Dangles / Dans la jungles des cosmétiques pseudo-naturels, Anne Andrault (site Econovateur)

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