Silicones, tensioactifs, huiles minérales, etc : tour d’horizon de ces mal aimés des écolos ? (1)

Depuis quelques années, une lutte s’est engagée entre les militantes pour les produits naturels et l’industrie cosmétique « pétro-chimique ».
Lutte attisée, entre autres, par un pavé dans la mare paru en 2002 : « La vérité sur les cosmétiques » de Rita Stiens qui nous décryptait les étiquettes de formulation de nos produits de beauté chéris. Et nous révélait au passage leur contenu pas toujours très propre… voire carrément dangereux pour notre santé !
Greenpeace s’est aussi attaqué au dossier avec son guide Cosmétox.

Bref, la méfiance est aujourd’hui de mise quand il s’agit de choisir (après-) shampooing, masque capillaire, crème ou sérum… Parmi les grands ennemis dénoncés de toute part : le silicone en première ligne mais aussi les agents tensioactifs ou encore l’huile minérale. Que sont ces composants, quel rôle jouent-ils dans les produits capillaires, pourquoi seraient-ils si nocifs pour nos cheveux et par quoi peut-on les remplacer ?

Tout d’abord essayons de comprendre comment est fabriqué un produit cosmétique (de façon générale) et comment il agit sur notre corps.
Voici ses principaux composants :

– L’excipient ou base : c’est la partie la plus importante du point de vue quantitatif : eau, huile, cires et émulsifiants pour une émulsion ; eau, tensioactifs et épaississants pour un shampooings ou gels douches ; mélange d’alcools gras, de cires et d’huiles pour les rouges à lèvres.
– Les principes ou agents actifs : ce sont eux qui confèrent leurs vertus « soignantes » aux cosmétiques. Les substances hydratantes ou les filtres solaires protecteurs sont des agents actifs, tout comme les vitamines.

– Les substances auxiliaires (additifs ) : Elles stabilisent les préparations cosmétiques. On compte parmi elles les conservateurs et les antioxydants.
– Les parfums/colorants : un produit n’en contient par forcément mais ils sont souvent présents pour favoriser la décision d’achat.

Alors que la publicité met l’accent sur les propriétés des agents actifs, c’est plutôt l’excipient qui est déterminant dans la qualité d’un produit.
Et c’est justement là où le bât blesse assez souvent. Les ingrédients de base d’une émulsion sont soit des huiles minérales et des silicones, soit des huiles et des corps naturels :
A EVITER :
Les huiles minérales sont des paraffines dérivées du pétrole (comme la Paraffinum liquidum) prisées par l’industrie cosmétique car elles sont à la fois simples à travailler et bon marché. En revanche ces huiles artificielles empêchent la peau de respirer. En effet, elles sont composées de chaînes d’hydrocarbures qui ne peuvent pas être métabolisées par l’organisme. Dans le meilleur des cas, elles ont des propriétés protectrices en formant un film occlusif sur la peau, un avantage pour une crème pour les mains, un inconvénient pour une crème pour le visage à usage quotidien ou pour le cuir chevelu. Ces huiles ne stimulent pas les différentes fonctions de la peau.
L’OMS a prouvé que les huiles minérales peuvent être stockées dans l’organisme et endommager le foie ou entraîner une inflammation des valvules du coeur (due aux cires de paraffine par exemple). Actuellement, seuls quelques huiles minérales et produits pétroliers ont été testés, mais les résultats alarmants devraient d’ores et déjà nous engager à renoncer à ces produits.
Toytefois utilisées uniquement sur les longueurs des cheveux (matière biologiquement morte qui ne « respire » pas), elles seraient inoffensives même si parfois un peu « graissantes » ou « alourdissantes » selon le diamètre du cheveu.

Les huiles et cires de silicone sont des substances entièrement synthétiques, dérivées du silicium et contenant des atomes d’oxygène, employées dans une multitude de produits. La Dimethicone est l’une des matières premières les plus utilisées pour les formules de protection de la peau, de soins capillaires et de rouges à lèvres. On trouve aussi la Cetyl dimethicone copolyol, la Phenyl trimethicone, la Stearyl dimethicone, etc. Les huiles de silicone sont douces et s’étalent bien sur la peau, encore faut-il qu’elles soient de bonne qualité. Elles sont de loin préférables aux huiles minérales, mais elles ont un grave inconvénient, elles sont très peu biodégradables et nocives pour l’environnement… et donc indirectement pour notre santé. Par ailleurs, dans les shampooings, elles auraient tendance à étouffer ou à graisser les racines (effet « raplapla ») le cuir chevelu.

A ADOPTER:
– Les huiles et graisses végétales seraient en revanche plus en harmonie avec la peau selon les miliantes du naturel. Elles sont produites par des organismes vivants (graines et fruits) sous l’action de la chaleur et de la lumière. Sur la peau, une huile végétale naturelle se comporte différemment d’une huile de paraffine puisqu’elle agit dans le sens du métabolisme, garde la peau lisse et stimule la formation du film protecteur de l’épiderme. Contrairement aux huiles de paraffine, les huiles et graisses végétales ont d’excellentes propriétés dues aux agents actifs importants qu’elles contiennent. On utilise principalement des huiles végétales non desséchantes, des huiles riches en vitamines, des extraits végétaux huileux et des huiles essentielles.
La proportion d’huiles natives (naturelles) dans l’excipient est donc un critère de qualité majeur pour les formules cosmétiques.
En revanche les huiles estérifiées pourtant d’origine naturelle sont plus controversées car résultant de la chimie des acides gras combinés au glycérol ou d’autres alcools. Elles sont aussi beaucoup moins riches que les huiles purement végétales.

Les cires naturelles constituent également des émulsifiants doux. Les cires végétales et animales contiennent des principes bénéfiques à la peau : la cire d’abeille, la cire de carnauba, la cire de candelilla, la lanoline (cire de laine) et les alcools de lanoline, huile de jojoba (qui est bien une cire non une huile contrairement à son nom), le beurre de karité (hybride de cire et d’huile grasse) etc. Dans la plupart des huiles, le taux de matière insaponifiable se situe entre 0,5 et 2 % alors que, dans le beurre de karité, il peut atteindre jusqu’à 15% (dans une bonne huile d’avocat, il ne dépasse pas 6%). Les insaponifiables sont très précieux et comptent parmi les substances actives importantes : ils pénètrent bien la peau, l’adoucissent, fixent l’humidité et améliorent l’absorption des agents actifs.

Les alcools et acides gras :
Les alcools gras sont employés comme gélifiants et co-émulsifiants. Ils laissent la peau douce et veloutée. On les retrouve sous les appellations : Cetyl alcohol, Behenyl alcohol, Stearyl alcohol ou Myristil alcohol.

Les acides gras stabilisent un produit et possèdent des propriétés émulsifiantes. Parmi les plus utilisés : Lauric acid, Stearic acid, Myristic acid, Palmitic acid. L’acide linoléique (Linoleic acid) est un des plus importants acides gras polyinsaturés. Ces acides gras sont d’excellents ingrédients pour les cosmétiques. Ils sont présents dans la nature sous forme de graisses et d’huiles, en liaison avec la glycérine.

Les gélifiants : la farine de Guar, la farine de noyau de caroube, la gomme arabique, l’agar-agar, les algines et l’amidon de pomme de terre, de riz ou de blé, sont autant de gélifiants d’origine végétale. Le Xanthane, gélifiant couramment employé, est issu d’un procédé bio-technologique. La gélatine est d’origine animale, la bentonite d’origine minérale. La cellulose et la cellulose méthylique sont des gélifiants naturels semi-synthétiques.

En résumé : privilégiez des cosmétiques utilisant des ingrédients naturels tels que :

1. Les huiles, beurres, graisses et cires végétales
2. Les eaux florales, hydrolats, infusions florales
3. Les huiles essentielles
4. Les argiles
5. Les algues
6. Les alcools et acides gras (Cetyl alcohol , Behenyl alcohol , Stearyl alcohol ou Myristil alcohol , Lauric acid , Stearic acid , Myristic acid , Palmitic acid)
7. Les gélifiants : farine de Guar, la farine de noyau de caroube, la gomme arabique, l’agar-agar, les algines et l’amidon de pomme de terre, de riz ou de blé
8. Les tensioactifs naturels : le laurylsulfate et le disodium-laureth-sulfate tirés de l’huile de coco ou de palme, la bétaïne (composant du beurre de coco)

Enfin du côté des principes actifs dont les réelles performances sont souvent exagérées, ils sont représentent souvent, sur le plan quantitatif, un infime pourcentage (0,1% ou même 0,0…%). Ils ont un rôle largement surestimé. Le rôle principal d’un soin est essentiellement de préserver le film hydrolipidique qui lorsqu’il est bien équilibré est la meilleure garantie d’avoir une belle peau et de beaux cheveux.

En conclusion, on peut donc dire qu’une bonne formule de soin devrait comporter un excipient (substance de base) de grande qualité, quelques substances actives et éventuellement quelques supports supplémentaires pour véhiculer les agents actifs.

Suite de l’article : Zoom sur les faux amis des produits capillaires

Sources : La vérité sur les cosmétiques de Rita Stiens / Chantal Clergeaud, Votre beauté au naturel, Editions Dangles / Dans la jungle des cosmétiques pseudo-naturels, Anne Andrault (site Econovateur)

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7 Responses

  1. Bonjour, de l’huile minérale dans un masque ou une crème abimes t’elles les cheveux ? ( 3em ingrédient :/)

    • l’huile minérale, qui est un conditionneur plutôt efficace mais peut graisser éventuellement, n’abîme pas les longueurs, par contre ne pas en mettre sur le cuir chevelu (bouche les pores).
      Le pb de ce type d’ingrédient est son côté polluant pour l’environnement.

      • J’ai pourtant vu que c’était mauvais pour les cheveux, donc un masque et une creme composé d’eau, de cetearyl alcohol, mineral oïl, peg 40.. hydratera bien les cheveux ?

        • oui c’est une idée assez répandue, la vérité est que c’est « mauvais » pour la planète et l’environnement car cela pollue, pour la tige capillaire ce n’est pas « mauvais » en soi dans la mesure où cela agit comme conditionneur, l’huile minérale étant un agent filmogène, elle va enrober et gainer le cheveu, ce qui permettra de lisser ses écailles. Idem pr le cetearyl alcohol qui est un acide gras.
          Par contre c’est mauvais pour le cuir chevelu comme je l’ai mentionné ds mon précédent message.
          j’ai mis à jour certaines données de l’article en ce sens.
          je t’invite à lire l’article sur les silicones pr plus d’infos et mieux comprendre comment agissent les conditionneurs synthétiques sur les cheveux :
          http://beautiful-boucles.com/les-silicones-sur-nos-cheveux-paranoia-ou-reel-danger/

  2. Bonjour,

    Je cherche des informations plus approfondies sur les alternatives aux silicones comme les polyquaterniums.

    J’ai acheté un AS de chez Yves Rocher vendue comme étant sans silicone. Un démêlage facilité par rapport à ma routine. Du coup je me suis penchée sur la compo et vu que ce polyquaternium-70, en début de liste, et polyquaternium-10, en fin de liste, sont des silicones avec même effet à long terme.

    Pouvez-vous nous donner plus de précisions?

    Est-ce autant nocif et comment fait-on pour l’éliminer ?
    Quels en sont les origines? Faut-il les bannir?

    YR se veut naturel mais si c’est ça, c’est tout de même à la limite de l’usurpation.

    Merci pour vos réponses.

    • ce ne sont pas des silicones, ce sont des quats, le mode d’action sur les cheveux est un peu different, mais ils visent aussi a conditionner le cheveu en d’autres termes a gainer sa cuticule pour ameliorer son apparence.
      ce n’est pas ecologique par contre
      plus d’infos ici : http://beautiful-boucles.com/silicone-cosmetiques-ammoniums-quaternaires-tensioactif-polymere-cationique/
      yves rocher n’est pas une marque bio dc leurs produits comportent des composants chimiques
      si tu veux des produits sans composants chimiques qui respectent l’environnement il faut acheter des produits io et verifier leurs labels, tu n’auras ainsi pas de mauvaises surprises.

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