Cuir chevelu sec ou pellicules : comment faire la différence et comment les traiter ?

Cuir chevelu sec ou pellicules ?

Cuir chevelu sec ou pellicules ?


Certaines têtes bouclées, en particulier les cheveux crépus, pensent souvent avoir un cuir chevelu sec. Les particules blanches qui sont susceptibles de s’en détacher sont alors parfois associées à des particules de sécheresse (qui seraient dues au craquèlement de la peau) et non à des pellicules d’origine infectieuse. Mais qu’en disent les dermatologues ?

En préambule, il faut rappeler qu’une chevelure sèche (c’est à dire des longueurs sèches) ne sont pas synonymes d’un cuir chevelu sec. On voit même souvent des longueurs sèches cohabiter avec des racines grasses (c’est à dire un cuir chevelu gras).

Il n’en reste pas moins que parfois, sans avoir particulièrement un cuir chevelu gras, on se retrouve avec ce qui ressemble à des pellicules sèches, c’est à dire une fine poussière blanche ne dépassant pas 0,2 mm de diamètre, se détachant facilement (sans aspect huileux).
Mais quelle est la nature exacte de ces particules : s’agit-il vraiment de pellicules (liées à une infection fongique provoquée par la levure Malessazia) ou sont-elles de simples petites particules de peaux sèches qui tombent du cuir-chevelu sous l’effet du craquèlement de la peau (comme l’affirme l’Institut Clauderer par exemple).

Cause des pellicules: peau sèche ou infection fongique ?

C’est ici que les avis divergent sur la nature de ces petits « flocons » d’aspect pelliculaire…

Il faut savoir que les dermatologues considèrent un cuir-chevelu sec comme rare (voire impossible) dans la mesure où celui-ci est constellé de glandes sébacées situées sous les fibres capillaires.
D’après certains experts, les cuir-chevelus d’origine africaine seraient toutefois d’une nature plus sèche (car pourvu d’un nombre plus restreint de glandes sébacées) et ne produiraient pas autant d’huile/sébum que les autres ethnies, tendant donc à se « craqueler » si lavé trop souvent. Le recours à des traitements chimiques agressifs (défrisage, lissage, permanente, etc.) peut aussi assécher et endommager la couche formée de kératinocytes (cellules cornées) et de lipides qui préserve l’hydratation et la souplesse du cuir-chevelu. En cas de déshydratation du cuir-chevelu, des sensations de démangeaisons, de brûlure ou de tension, mais aussi des pellicules peuvent l’affecter.

Le Dr Francesca Fusco, dermatologue, considère qu’en effet le cuir chevelu peut aussi profiter d’une hydratation, comme celle fournie par un après-shampooing. d’après elle cette pratique ne va pas boucher les pores ni alourdir les cheveux fins à condition que le produit soit non-comédogène.
[ NB: Ce conseil est à mon avis à prendre avec des pincettes. A titre d’expérience personnelle, l’après-shampooing au niveau des racines m’a vraiment graissé le cuir chevelu et favorisé les pellicules…De plus, je ne crois pas que la mention non comédogène apparaisse sur les AS ?]

Une médecin américaine, le Dr. Dana Goldberg*, associe cuir-chevelu sec avec le manque d’hydratation due à l’application de détergents trop agressifs (savon, shampooing), un climat froid, l’accumulation de produits cosmétiques ou encore l’eau calcaire, mais ne mentionne pas le cas d’un cuir-chevelu qui serait « naturellement sec ».

En effet, la plupart des dermatologues estiment que cela n’existe (quasiment) pas.

Le Dr. Schultz, par exemple, estime qu’à 99% cette « poudreuse » sèche correspond bien à des pellicules. D’après lui, « il est presque impossible d’avoir une peau sèche au niveau du cuir-chevelu« , à moins d’être chauve (du fait de la présence des glandes sébacées sous chaque follicule pileux).

Un avis que rejoint un autre dermatologue, le Dr Benabio qui rappelle également que le cuir chevelu est la zone la plus grasse (« huileuse ») de toute la peau corporelle et outre son réseau de glandes sébacées, la présence des cheveux qui le recouvrent aident cette hydratation à se maintenir d’autant plus.

Sur le site de l’Association de dermatologie canadienne, on peut aussi lire : « On pourrait être porté à croire qu’un cuir chevelu sec est la cause de la desquamation et qu’il est préférable de sa laver la tête moins souvent, mais ce n’est pas le cas. En fait, c’est un cuir chevelu gras qui mène à la production de squames et à la desquamation inégale des cellules de peau morte qui tombent sous forme de flocons disgracieux. »

Ils expliquent que ces pellicules sèches sont donc, la plupart du temps, également le résultat d’un excès de sébum comme pour les pellicules grasses, non pas à la surface de la peau du cuir chevelu mais en dessous (les levures Malessazia sont en effet transportées à la surface du cuir-chevelu via le flux de sébum qui s’écoule de l’embouchure de la glande sébacée, en profondeur dans le follicule pilo-sébacé).

Dans le follicule pilo-sebacé, en profondeur dans le cuir-chevelu (sous la tige capillaire), une prolifération anormale de levures se nourrissent du sébum et sont ensuite véhiculées à la surface du cuir chevelu qu'elles infectent.

Dans le follicule pilo-sebacé, en profondeur dans le cuir-chevelu (sous la tige capillaire), une prolifération anormale de levures se nourrissent du sébum et sont ensuite véhiculées à la surface du cuir chevelu qu’elles infectent.

J’ai trouvé aussi intéressant le compte-rendu d’une cliente du Centre Clauderer aux cheveux crépus, qui souffrait notamment d’un cuir chevelu ultra sensible et de démangeaisons. Elle explique ainsi que l’examen approfondi de quelques uns de ses cheveux ont montré que le bulbe était « entouré d’une grosse masse de sébum« . Ce qui démontre que ce dernier ne s’écoule pas correctement (un cas classique des cheveux bouclés d’autant plus accentué que la frisure est importante). En formant une masse sous son cuir chevelu, il se durcit autour du bulbe capillaire et empêche sa circulation, ce qui induit une grande sécheresse et fragilité des cheveux, note-t-elle.

Cette théorie me semble cohérente, même pour les cuir chevelus d’origine africaine qui hors de leurs climats d’origine (climats européens ou autres) pourraient observer certaines modifications liées à la baisse du taux d’humidité, notamment le resserrement des pores de la peau. Ceci va alors gêner l’évacuation du sébum à l’extérieur du cuir chevelu qui se met stagner sous la peau sous forme de dépôts sébacés et enrobe les racines au risque de gêner leur irrigation.
En parallèle, la raréfaction du sébum (déjà faible par nature) à la surface du cuir chevelu accentue encore la sécheresse et la frisure des cheveux.

Cet excès huileux en profondeur entraîne donc une inflammation (voir article sur la formation des pellicules), qui peut s’accompagner de petites rougeurs ou de gonflements et fait tomber les cellules du cuir chevelu prématurément sans avoir le temps de se séparer correctement (formant donc les flocons visibles à l’oeil nu) alors que sur un cuir-chevelu normal cette chute s’effectue en temps et en heure et de façon invisible.

Leur confrère, le Dr. Colby Evans estime aussi qu’il n’y pas de différence significative entre un cuir-chevelu sec et des pellicules de type séborrhéique qui sont tous deux les manifestations de la levure Malassezia (le premier étant la conséquence du second). »Cela peut aussi s’accompagner d’une irritation rosée au niveau des sourcils ou causer une pelade au niveau des joues« , précise-t-il.

Le Dr Kinglsely (de Londres) est aussi catégorique: les pellicules sont dues à un excès d’huile et non les résidus d’un cuir-chevelu sec (qu’ils qualifient de « mythe »), et justifie à son tour par la présence des glandes sébacées qui l’irriguent. Il déconseille à ce titre fortement d’appliquer des huiles végétales sur son cuir chevelu qui ne feraient que graisser et poisser davantage les pellicules.

Enfin, le Dr Bayley (http://www.drbaileyskincare.com/blog/tips-for-seborrheic-dermatitis/), rejoint cet avis en indiquant que « beaucoup de patients prennent couramment les rougeurs et les pellicules de séborrhée pour de la peau sèche et étalent des produits hydratants sur leur cuir-chevelu qui ne règlent pas le problème étant donné que la séborrhée est une irritation/inflammation et non un problème de sècheresse/hydratation« .

Traitement préconisé en cas de cuir chevelu sec

En conséquence le traitement préconisé sera proche de celui des pellicules grasses (shampooings antipelliculaires antifongiques ou
solutions naturelles). Le mieux étant d’identifier la cause éventuelle du déséquilibre du cuir chevelu et de la supprimer.
L’hydratation du cuir chevelu doit être effectuée avec précaution de sorte à ne pas « nourrir » le champignon responsable de ce désordre capillaire.

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6 Responses

  1. Vraiment je vous remercie pr tt votre temps mis a l’épreuve pour nous j’ai vraiment adoré que le seigneur vous bénisse abondamment

  2. Bonjour. Hier, tu m’as indiqué de lire cet article pour que je vois la différence entre un cuir chevelu gras (que j’ai) et sec (que je pensais avoir). Effectivement, là, c’est très clair et donc il faut vraiment que j’arrête de mettre de l’HV sur mon cuir chevelu (dr Kinglsely). Par contre, tu penses que je peux en mettre sur les longueurs de temps en temps ?

    • oui les longueurs ça ne craint rien, si ce n’est que cela fait des manipulations supplémentaires sur tes cheveux et s’ils sont fragiles et cassants ça peut les perturber, je ne connais pas ton historique et il ne sera pas possible dans les commentaires de te faire un diagnostic complet mais je te donne une première base d’infos qui pourra t’aider.

  3. Mes cheveux ne sont pas cassants mais ils sont fins et on tendance à tomber

  4. RE-bonjour,
    (j’ai laissé un commentaire dans Zoom sur… l’eau, hydratation)
    Passé récemment aux soins naturels (jusqu’à maintenant, en utilisant ce que je trouve dans ma cuisine), j’ai amélioré l’apparence de mes cheveux qui ont souffert d’un long traitement médical. Ils ont retrouvé leurs boucles (disparues depuis 20 ans) leurs reflets auburn, brillance, volume, souplesse. Malgré tout avec fluctuation suivant les soins prodigués, changeant toutes les semaines pour faire des essaies. Je ne fais qu’un shampoing hebdomadaire avec un pré-shampoin (bain d’huile ou miel et vinaigre de cidre, ou avocat miel oeuf huile d’olive…) et/ou après- shampoing… Aucun soins en semaine pour l’instant (préparation de ma nouvelle routine vue dans commentaire précédent)
    J’ai les cheveux secs et plutôt fins dessus avec chute, et plus épais mais pointes sèches sans fourches pour le reste, avec peut-être une légère chute. Ils sont bruns, commencent à blanchir; boucles plus serrées vers les extrémités (anglaises actuellement fermes et serrées).
    La lecture de plusieurs de tes articles sur cuir chevelu, hydratation, celui-ci… me persuade que je dois trouver d’où vient l’irritation de mon cuir chevelu, sans desquamation, sans racines grasses, même après transpiration lors des chaleurs.
    Je vais supprimer cette semaine le vinaigre de cidre dilué mais non rincé (l’irritation disparaît après les soins et revient après 3 jours environs). Je vais aussi supprimer pour l’instant, le massage du cuir chevelu qui peut favoriser également une irritation.
    Je crois que la priorité actuelle est de faire un traitement anti-bactéricide, anti-fongique, anti-tout ce qui picote ou démange: assainir en profondeur mon cuir chevelu. Si j’ai bien suivi, cela me semble la 1ère chose à faire, avant de penser hydratation (puisque pas de desquamation)
    Qu’en penses-tu? Si oui, que puis-je trouver dans ma cuisine pour un 1er traitement et/ou quels substances naturelles me procurer?
    Je te remercie de ta réponse et de l’ensemble de tes infos.
    Cordialement,

  5. Je ne parviens pas à définir mon cuir chevelu….gras ou sec????? C’est donc un problème par rapport aux soins à apporter.J’ai une dermite.Très démangeante.
    Pouvez-vous m’aider?Merci.
    Ivette

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