Zoom sur… le sébum et les lipides : la base de beauté de nos cheveux (+ avis sur la cure de sébum)

Pour un aspect soyeux et brillant mais aussi assurer sa résistance, le cheveu (surtout bouclé) a, avant tout, besoin de sébum et de lipides.
En effet, un cheveu sec est un cheveu qui manque de sébum et de lipides (et non pas d’eau comme on pourrait le croire). Même si leur mention n’est pas très « glamour », ce sont bien le sébum et les lipides qui maintiennent l’hydratation interne du cheveu (en freinant l’entrée de l’humidité qui le fait gonfler et hérisse ses écailles et dans une moindre mesure en limitant l’évaporation de son eau interne) mais aussi le protègent des agressions externes. Leur rôle est décisif en matière de ce que l’on nomme « hydratation ». On distingue deux types : les lipides constitutifs de la structure interne de la cuticule du cheveu (les écailles de sa tige capillaire) et ceux qui enrobent sa surface externe d’un film protecteur :

– Les lipides internes : la charpente de nos cheveux

Les lipides constitutifs du cheveu représentent 3% de sa composition. Produits au niveau du bulbe pilaire, ils sont formés de stérols (cholestérol), d’acides gras (18 methyl eicosanoic acid ou 18 MEA) et de céramides. Présents essentiellement dans le ciment intercellulaire (complexe membrano cellulaire, CCMC) du cortex et de la cuticule, ils agissent comme une sorte de « colle » maintenant les écailles (cutiucles) du cheveu ensemble et assurent leur cohésion.
Ils donnent aussi au cheveu une certaine imperméabilité, élasticité et force.

La lipide 18-MEA est un composant majeur de la cuticule de nos cheveux qui cimente ses écailles et les protègent de l'absorption excessive d'humidité (qualité hydrophobique).

Le lipide 18-MEA est un composant majeur de la cuticule de nos cheveux qui cimente ses écailles et les protègent de l’absorption excessive d’humidité (qualité hydrophobique).

– Les lipides externes (sébum) : le film hydrolipidique du cheveu

Les glandes sébacées, annexées au follicule pileux, fournissent le sébum. Ce mélange de triglycérides, de cires et de squalènes forme un film à la surface de la peau et lubrifie le cheveu, préservant ainsi sa souplesse et sa brillance. Il protège aussi le cuir-chevelu des irritations. Placé sous dépendance hormonale, le sébum peut être produit en trop grande quantité : le cheveu devient alors gras et s’alourdit. A l’inverse, si la sécrétion est trop faible, le cheveu s’abîme, se dessèche et ternit.

Définition et composition du sébum humain (principaux corps gras)

– Des triglycérides à hauteur de 40% (on trouve aussi le chiffre de 60%)
– De la cire de monoesters à hauteur de 25% (on trouve aussi le chiffre de 30%) présents sous forme d’Isoamyl laurate (huile estérifiée) dans Oléo Silk
– Des acides gras libres à hauteur de 16%
– Des squalènes à hauteur de 12% (lipide hydrocarboné, on trouve aussi le chiffre de 15%) 

Déterminer les besoins lipidiques de ses cheveux secs

En fonction de la nature de vos cheveux et de votre type de sécheresse, il est utile de distinguer vos besoins lipidiques pour apporter les bons actifs hydratants à vos cheveux. Les cheveux très poreux ou chimiquement traités (défrisage, permanente, coloration qui altèrent ses liaisons…) profitent, entre autres, des lipides de la première catégorie (notamment des céramides). Un cheveu bouclé naturellement à porosité moyenne sera plus sensible à la première catégorie pour restaurer sa fonction barrière (le sébum venant en général à manquer parce qu’il s’écoule plus difficilement sur les spirales des boucles et parfois parce qu’il n’est pas suffisamment produit, le cas des chevelures afro).

Avis sur la cure de sébum pour les cheveux bouclés

(mise à jour: oct. 2020)
Ces dernières années, on a vu se populariser une nouvelle pratique : la cure de sébum qui consiste à ne plus se laver les cheveux (ni même à les mouiller dans sa version la plus stricte) pendant 21 jours pour lubrifier naturellement ses cheveux avec le sébm produit tout en aideant la production de sébum à s’auto-équilibrer en cas de tendance à racines grasses (les shampooings, en particulier détergents sont réputés pour stimuler la production de sébum parfois de tendance excessive). La cure de sébum est aussi revendiquée comme activateur de pousse des cheveux.

Ce « régime sec » vise à laisser le sébum s’écouler sur les longueurs et aider à sa répartition homogène lors du brossage. Pour les cheveux lisses raides, cette technique peut donner de bons résultats comme on a pu le lire dans les témoignages de diverses blogueuses ou youtubeuses. Concernant la pousse, on peut estimer que le sébum visant à protéger le cheveu peut aider à limiter sa casse en le renforçant et donc maintenir sa longueur notamment sur les pointes plus fragiles.

En revanche pour les cheveux très bouclés, frisés ou crépus, on comprendra aisément que la méthode n’est que peu adaptée puisque le sébum ne s’écoule pas naturellement sur les longueurs, tel un tobogan en raison de la forme spiralée et surtout irrégulière des boucles et de ses écailles hérissées (cheveux poreux par nature). De plus, le brossage/peignage peut-être délicat sur les cheveux très bouclés voire impossible si la frisure est trop importante (la brosse/peigne se trouvera emmêlé(e) et le risque de casse guette !).

Pour autant on peut lire sur la toile des témoignages de blogueuses aux cheveux bouclés satisfaites de leur cure de sébum bien que les photos les accompagnant ne sont pas toujours convaincantes.

La cure de sébum ou tout simplement la répartition de son sébum au quotidien reste ceci dit une excellente méthode pour désaturer le sébum de ses racines (donc éviter l’effet racines grasses/pointes sèches et augmenter le confort de son cuir chevelu en attendant le prochain shampooing et ainsi parvenir à les espacer) ainsi que lustrer/gainer naturellement ses longueurs (qui gagne donc en brillance), en utilisant les accessoires et la méthode adaptés.

Points négatifs du sébum:  cela peut assombrir un peu la couleur de cheveux (un peu lorsque qu’on applique des soins d’ailleurs) et faire perdre en légèreté et en volume (potentiel effet « paquet » selon la nature de cheveux, pas sytématique ceci dit et varie aussi en fonction du climat et du taux d’humidité dans l’air).

Pour ma part, n’effectuantque  peu de shampooings l’âge venant, j’ai constaté que le sébum pouvait en effet bien lubrifier et lustrer les mèches en particulier celles situées en profondeur mais également les mèches de recouvrement si on suit certaines principes. Les mèches du dessus sont en effet plus sèches et plus poreuses (donc plus difficiles à gainer du fait de leurs écailles plus hérissées) et le sébum tend à être moins abondant à leurs racines. Je conseille d’effectuer cette répartition du sébum en procédant par couche, en commençant par les niveaux inférieurs de la chevelure (situées en dessous) et en remontant progressivement vers les mèches supérieures (situées au dessus), surtout en cas de chevelure épaisse et abondante.

Côté cuir chevelu, il est vrai également que cela peut se solder, dans certains cas, par de bons résultats en aidant à son autorégulation voire pour certaines personnes voir leurs pellicules disparaître (lorsquelle celles-ci sont dues au shampooing, si cela est dû à d’autres mauvaises pratiques et/ou produits qu’on applique en revanche l’effet sera plus limité voir inexistant ). Chaque cuir chevelu réagit différemment mais de façon générale il apprécie d’être laissé « tranquille » donc cela peut être positif, à condition encore d’effectuer les bons gestes.

Conclusion : la cure de sébum peut être profitable aux cheveux bouclés et frisés à condition de respecter certaines précautions sous peine de créer des désordres (pellicules, etc.) au niveau du cuir chevelu en raison de l’accumulation du sébum au niveau des racines qui va attirer poussière et résidus qui adhèrent ainsi facilement aux cheveux. Une répartition correcte est clé. En revanche je le déconseillerai fortement sur des cheveux crépus (ou cheveux épais avec une frisure prononcée) qu’il ne faut pas tenter de peigner de la racine aux pointes au risque de générer un maximum de casse et de traumatisme capillaire. Une régle d’or: en cas de résistance du peigne, on arrête tout et surtout on ne force pas ! 🙂

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