Quels sont les actifs hydratant nos cheveux : humectant, filmogène ou émollient…

Actifs hydratants, humectants ou nourrissants ? Le vocabulaire utilisé pour désigner les différents actifs cosmétiques pour les cheveux ou ingrédients naturels ou chimiques peut être source de confusion.
Huile végétale ou protéines, acide gras, céramide ou encore glycérine… : pas facile d’identifier leurs différences et de choisir parmi les nombreux ingrédients utilisés pour le soin des cheveux secs, bouclés et crépus.
Si chacun de ces actifs possède des propriétés qui vont définir ou dynamiser le ressort des boucles, ils peuvent différer dans leur mode d’action. Certains sont dits « conditionneur » (ou « émollient »), « filmogène » ou encore « humectant ». Pour résumer, alors que les premiers rétablissent la cohésion cellulaire du cheveu, ce dernier favorise l’attraction d’humidité interne du cheveu.

D’origine naturelle ou synthétique, apprenez à les identifier dans la composition INCI de vos cosmétos et à les équilibrer, en fonction de vos besoins, de la nature de vos cheveux jusqu’au climat où vous vivez… La clé pour trouver le bon après-shampooing, masque ou encore soin de coiffage qui vous convient :

Il est important de bien connaître les besoins de ses cheveux afin d’éviter que les produits utilisés n’aient l’effet inverse escompté, abîmant au lieu de réparer.

Pour vous aider dans vos choix, voici un petit récapitulatif des principaux agents hydratants capillaires, par grande famille, ainsi que leurs propriétés respectives, souvent complémentaires (à noter que certains actifs peuvent cumuler plusieurs propriétés).

Pour rappel, l’hydratation capillaire consiste principalement à maintenir ou augmenter la teneur en eau de la fibre capillaire et colmater, au moins provisoirement, les dommages subis (altération de la cuticule mais aussi de la structure interne, le cortex fait de kératine). Objectif : des cheveux doux et lisses !
A cette fin, les cosmétiques hydratants agissent indirectement, en reproduisant les mécanismes naturels de la peau :

Gainer/sceller la cuticule pour maintenir la teneur en eau du cheveu :

1/ LES FILMOGÈNES : Leur rôle est de freiner l’évaporation de l’eau c’est à dire les PIE (pertes insensibles en eau).
Les agents filmogènes ne pénètrent pas le cheveu : ils agissent en surface en renforçant ou en restaurant le film hydrolipidique.
Ils recouvrant le cheveu d’un film protecteur pour le rendre plus résistant aux cassures, plus lumineux, sans le graisser ni l’alourdir en surface

On distingue :
Les filmogènes hydrophiles :
Ce sont de très grosses molécules capables de « capturer » de nombreuses molécules d’eau, créant ainsi un « hydrogel » (ou hydrocolloïde), qui forme en surface un film hydraté. Celui-ci freine l’évaporation de l’eau, mais laisse le cuir-chevelu respirer. Les principaux filmogènes hydrophiles sont les suivants :
* des protéines : collagène, élastine
* des glucides complexes : GAGs ou glucosaminoglycanes (acide hyaluronique, chondroïtine sulfate), chitosane, polymères hydrophiles d’origine végétale (galactomannanes, xyloglucanes, polysaccharides, mucopolysaccharides…)
* la gélatine, le gel d’aloes (Aloe vera)…
* des polymères de synthèse : dérivés des alcools polyvinyliques, carbopol…

Les filmogènes hydrophobes (également appelés « agents occlusifs ») :
Plus efficaces, ils réduisent les PIE de plus de 98%. ils forment un film totalement imperméable à la surface du cheveu mais sont controversés car leur texture grasse et épaisse pouvant alourdir le cheveu et empêcher le cuir-chevelu respirer (mais les soins ne doivent s’appliquer que sur les longueurs).
En outre, certains d’entre eux d’origine synthétique (la vaseline, la paraffine (Paraffin), l’huile de vaseline, petrolatum) n’ont aucune affinité biologique avec les constituants naturels du cheveu.

Côté naturel, on trouve l’huile d’amande douce (Prunus amygdalus dulcis oil), l’huile de germe de blé, le beurre de karité (Butyrospermum parkii butter).
Les cires sont aussi des agents filmogènes qui s’opposent efficacement à l’évaporation de l’eau. La plus employée demeure la cire d’abeille (Cera alba). On trouve aussi d’autres cires végétales come les carnauba, riz, candellila…

Rétablir la structure de la cuticule et de la fibre capillaire :

2/ LES ÉMOLLIENTS CONDITIONNEURS : Ils colmatent les cuticules et la structure du cheveu en lissant et comblant leurs microfissures.
Les agents émollients assouplissent et protègent la surface du cheveu. On les qualifie parfois d’agents restructurants. Ils s’opposent aussi à l’évaporation de l’eau, mais pas aussi efficacement que les agents filmogènes (sauf si on les applique en couche épaisse). En revanche, comme ils sont constitués de lipides naturels, ils sont aptes à pénétrer et donc à restaurer plus profondément le cheveu.
Il s’agit essentiellement des beurres et huiles végétaux, mais également des graisses animales et des lipides libres (acides gras, alcools gras, esters d’acides gras, sphingolipides, céramides…). Leur action est durable sur la qualité du cheveu (améliorent la qualité du ciment lipidique, augmentant ainsi la résistance du cheveu vis-à-vis de la déshydratation). Il est souvent conseillé d’associer les huiles végétales à des agents humectants (cf: ci-dessous) pour une meilleure hydratation (pour combiner la capacité à attirer l’eau et l’empêcher de s’évaporer..

Capter les molécules d’eau et les fixer dans les cheveux :

3/LES HUMECTANTS (plus d’infos : Liste des humectants – cosmétiques, soins capillaires cheveux)
Ils agissent en profondeur : comme de minuscules éponges, leurs molécules attirent et retiennent l’eau provenant de l’intérieur et de l’extérieur, puis les fixent dans le cortex (la structure faite de protéines de kératine du cheveu). Ils sont en effet capables de pénétrer au sein même des cellules, puis d’y attirer et retenir l’eau grâce à leurs propriétés hygroscopiques, c’est-à-dire « avides d’eau ».br />
Les plus connus, glycérol (ou glycérine) et urée, sont employés depuis des décennies :

Le glycérol possède un fort pouvoir hydratant et ses effets persistent au moins 24 heures. Il est généralement présent entre 3 à 10% dans les cosmétiques, car au-delà il a tendance à les rendre collants et il pourrait même dessécher en attirant l’eau à la surface. Le glycérol peut être d’origine animale ou végétale, les cosmétiques bio ne faisant appel qu’à la forme végétale.

L’urée n’est pas hygroscopique en tant que telle mais elle rend les cellules plus hydrophiles. Elle est obtenue exclusivement par synthèse, selon un procédé non polluant, et son usage est autorisé dans les cosmétiques bio.

Les acides aminés: Ce sont les molécules de base des protéines. Très efficaces, ils sont le plus souvent présents dans les cosmétiques sous forme de mélanges (hydrolysats de protéines, notamment collagène ou élastine).

Les lactates et l’acide lactique font partie des « acides de fruit » (alpha-hydroxyacides ou AHAs).
Le yaourt est ainsi source de nombreux agents humectants (lactose, acides aminés…), mais surtout d’acide lactique. Comme c’est une émulsion, il constitue une excellente base pour des masques mêlant ingrédients hydrosolubles et liposolubles. A utiliser uniquement sous forme de masques frais, il ne se conserve pas.

Les sucres simples (hexoses, pentoses) sont très hydrophiles, ce qui contribue à expliquer les propriétés hydratantes des ingrédients sucrés (miel, fruits…). Le miel apporte aussi d’autres éléments nutritifs (minéraux, oligo-éléments, AGI, nombreuses vitamines…).

Attention toutefois car les humectants, « amis » des cheveux déshydratés peuvent aussi devenir leurs pires ennemis s’ils ne sont pas utilisés dans des conditions adéquates…
Les conditions climatiques impactent en effet le comportement des humectants : utilisés dans un climat trop humide ou trop sec, ils peuvent avoir des effets néfastes sur les boucles (en créant des frisottis par un excès d’absorption d’eau dans le premier cas et en les asséchant dans le second cas en aspirant l’humidité du cortex).

Tableau récapitulatif des actifs hydrantants par grande famille :

actifs-hydratants-cosmetiques-cheveux

En conclusion : les meilleures formules cosmétiques hydratantes combinent donc au moins un agent humectant avec un agent filmogène ou émollient : pour attirer l’eau dans les cellules et l’empêcher de s’évaporer.
N’oubliez pas de vérifier aussi, outre les substances actives d’hydratation, les autres composants de la formulation comme les émulsionnants, antioxydants, ou encore conservateurs, qui peuvent influencer l’effet plus ou moins hydratant d’un produit.
Exemples :
Un excipient peut altérer la barrière cutanée ou au contraire avoir un effet réparateur sur cette structure.
Une émulsion sera plus hydratante qu’un gel parce qu’elle contient des lipides qui diminuent l’évaporation, un émulsionnant qui fixe les corps gras dans le ciment du cortex et de l’eau qui est maintenue in situ par l’occlusion partielle résultant de la présence de corps gras. La sécheresse est souvent liée à une altération de la fonction « barrière » de l’enveloppe du cheveu.

A lire aussi :

Hydrater, oui mais pas graisser !

Source: Feminin bio

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.