Savon, syndet, gel douche, huile nettoyante… : que choisir pour se nettoyer sans dessécher sa peau ?

comment choisir son savon douche nettoyage lavage pour ne pas dessecher sa peauVoici un article détaillant les différents types de nettoyants disponibles sur le marche, avec leurs avantages et inconvénients, d’un point de vue dermatologique, en complément de mon article « Les bons gestes sous la douche pour limiter les dégâts« . Pour faire votre choix, prenez en compte la nature de votre peau (sensibilité, niveau de sécheresse) et vos attentes en terme éthique (naturel ou synthétique) et de confort d’utilisation :

C’EST QUOI UN SAVON ? ORIGINE ET COMPOSITION

Origines historiques : Le savon naît pratiquement avec les origines de la civilisation. Sur des tablettes d’argile sumériennes datant de 2250 avant J.-C. est mentionnée une formule composée de cinq parts de cendres pour une part d’huile. Le premier savon aurait été une pâte savonneuse à base de graisse et de carbonate de potassium. Les Phéniciens, 1000 ans avant notre ère, faisaent déjà réagir de la soude végétale sur de l’huile d’olive. Germains et Gaulois combinaient de leur côté des cendres alcalines de bouleau et de la graisse de chèvre.

Définition: Le savon traditionnel, ou savon de toilette, est donc obtenu après une réaction de saponification d’un corps gras animal (suif, saindoux) ou végétal (huile d’olive pour le savon de Marseille) sur une base minérale (de la soude -hydroxyde de sodium- pour un savon solide, de la potasse pour un savon liquide). La réaction chimique produit du savon et de la glycérine. Cela n’est donc pas un produit naturel (même si la soude végétale existe mais trop onéreuse).
Un savon traditionnel tiraille toujours un peu la peau et s’avère donc assez desséchant et agressif. Et pour cause son pH est alcalin en raison de l’usage de la soude (supérieur à 7 et pour certains pouvant atteindre 10 tandis que le pH de la peau est acide et serait même légèrement inférieure à 5 selon les dernières études). Le savon de Marseille ou d’Alep, même si plus « purs » dans leur compositions sont tous deux fabriqués à chaud, restent alcalins par exemple (donc détergent).
Attention aux savons -notamment faits maison- où il resterait de la soude non consommée. Le pH du savon (dit « caustique ») sera alors trop élevé (pH de 11 à 14) et le savon sera irritant sur la peau, voire corrosif !

LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE FABRICATION DU SAVON

La réaction de saponification (savon solide) peut s’effectuer de plusieurs façons :

* Fabrication industrielle : la pâte est chauffée à environ 100°C pendant plusieurs heures et une quantité plus importante de soude est ajoutée pour accélérer la transformation en savon. Ce procédé est le moins respectueux des huiles végétales, d’autant que sa glycérine est également retirée durant l’opération. Les corps gras les plus utilisés sont l’huile de palme (pas forcément très écolo…) et le suif (huiles animales).

NB: Dans l’idéal, la fabrication du savon suit un rapport moléculaire de 1 pour 3 entre l’acide gras et la soude, pour une réaction optimale sans excédent de soude. On obtient alors un savon neutre (pH 7). Lors de la fabrication industrielle, le rajout de soude ou de potasse pour accélérer le processus, aboutit à un savon très alcalin donc agressif pour notre peau qui devra travailler pour restaurer son pH (légèrement acide et son film hydrolipidique). C’est aussi un facteur de vieillissement car un pH plus alcalin est ce qui distingue justement une peau âgée d’une peau jeune… Une peau plus alcanique est aussi un terrain plus favorable à l’acné et moins bien protégée contre le soleil. Des additifs sont rajoutés en général pour diminuer le pH.

D’autres substances problématiques peuvent être incorporées comme l’EDTA ((un agent chélateur fréquent dans les savons industriels, irritant, peu biodégradable, écotoxique), les colorants azoïques (pigments colorés fabriqués chimiquement à l’origine de nombreuses allergies voire cancérigènes, -CI1…-), les conservateurs critiques de type parabènes, mais aussi les tensioactifs durs éthoxylés (fabriqués à partir d’un gaz très réactif, extrêmement toxique, cancérigène et mutagène : l’oxyde d’éthylène).

[ Entre les deux, on trouve aussi le semi-industriel qui présente un peu plus de glycérine et de « surgraissage » que l’industriel mais moins que le froid.]

* Fabrication à froid (la meilleure)

Le savon est travaillé aux températures les plus basses possibles et les huiles liquides à température ambiante sont utilisées en l’état. Le savonnier est libre de choisir les huiles qui composent son savon en fonction des propriétés qu’il souhaite lui donner pour une meilleure qualité. Le savon garde aussi une part plus importante de glycérine végétale naturelle, ce qui compense le pH alcalin. En bonus, des huiles végétales ou des beurres végétaux supplémentaires peuvent être ajoutées en fin de fabrication (savon surgras). Avec la saponification à froid la glycérine présente dans le savon ne perd pas son action hydratante et le surgras n’est pas altéré.

Le logo créé pour identifier les savons saponifiés à froid, pas toujours apposé malheureusement.

Le logo créé pour identifier les savons saponifiés à froid, pas toujours apposé malheureusement.

Pour les repérer : Lisez les ingrédients sur leurs étiquettes : la présence de « sodium palmate » (huile de palme saponifiée) et « sodium tallowate » (suif saponifié) indiquent un processus industriel, ce qui est le plus courant sur le marché (bio ou pas). Un logo (voir ci-contre) a été créé pour les savonniers membre de l’Association des Nouveaux Savonniers (ADNS), mais il n’est pas toujours apposé.

Le savon liquide (à ne pas confondre avec la crème lavante ou le gel douche) est toujours du savon traditionnel (de type savon mou). Seule différence : il est plus dilué car il contient plus d’eau et un peu plus d’additifs (agents de texture, agents anticalcaires comme l’acide éthylène diamine tétra-acétique ou EDTA…).
Un autre type de « savon liquide » non issu d’une réaction de saponification est obtenu par un procédé d’estérification d’acides gras. Les savons mous sont de leur côté obtenus par action d’hydroxyde de potassium (KOH) sur les matières grasses.

Conseils du Dr Pierre Piletta, dermatologue : « Quelqu’un qui a la peau sensible devrait plutôt utiliser un savon dur. Le savon liquide peut être plus détergent. Il est bien sûr très pratique, on en utilise beaucoup plus, le savon en pain c’est beaucoup plus économique. Le savon liquide contient aussi un certain nombre de conservateurs qui peuvent poser des problèmes, par exemple des libérateurs de formaldéhyde qui induisent des allergies de contact. » (source: rts.ch)

LES MEILLEURS NETTOYANTS/SAVONS RECOMMANDÉS PAR LES DERMATOS QUI NE DESSECHENT PAS LA PEAU !

Vous l’aurez deviné, le savon traditionnel, de surcroît industriel n’est pas le favori des professionnels de la santé et de la beauté. Voici le top 3 de leurs recommandations en matière de nettoyant, de type savon solide :

– Le savon surgras (si possible saponifié à froid) fait partie des « savons améliorés ». C’est un savon traditionnel mais enrichi en agents nourrissants qui lubrifient la peau (huile d’amande douce, d’olive, beurre de karité…), mais en quantité limitée (pas plus de 10 %), sinon il perd son pouvoir moussant. Les graisses doivent être à 80% d’origine végétale et à 20% maximum d’origine animale. Moins il y a d’additifs, mieux cela vaut car moins on risque de réactions allergiques.

La crème de la crème c’est le « savon sans savon » appelé « syndet » ou « pain dermatologique » en langage technique ! Idéal pour les peaux sensibles et atopiques (hyper-réactives et sujettes aux allergies), il est élaboré à partir d’agents lavants de synthèse (tensioactifs) et ne sont donc pas issus de la soude. On peut y incorporer jusqu’à 25 % d’autres composés, surgraissants ou actifs (savon surgras). L’absence de soude fait que leur pH est naturellement proche de celui de la peau, d’où leur utilisation comme « savons dermatologiques ». Bémols : un pouvoir moussant plus faible et il fond plus vite qu’un savon. Il peut aussi ne pas être supporté par les peaux réactives en raison de leurs tensioactifs anioniques (sulfates détergents de type SLS ou SLES).

Les savons certifiés naturels et bio, offrent une garantie supplémentaire : celle d’éviter l’ajout de substances douteuses ou non-écologiques comme l’EDTA cité ci-dessus, les colorants et conservateurs critiques, et pour les savons liquides, de détergents synthétiques agressifs comme les tensioactifs éthoxylés (ex. laureth sulfate). De plus, ils sont mieux biodégradables (moins de résidus de savon rejetés dans l’eau !).

– Hors catégorie : le savon acide, Dermacide® entre autres, est recommandé pour les peaux grasses.

En résumé, un pain dermatologique surgras et bio (eh oui tout ça !) s’avère être la combinaison gagnante, la plus respectueuse et douce pour la peau.
Pour les peaux très sèches, les nettoyants liquides sans savon sont recommandés (source: Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue, Santé Magazine)

CARACTÉRISTIQUES D’UN BON SAVON

:
– La durée de vie moyenne d’un savon de 250 grammes, pour une douche par jour, est de deux mois (pour une personne), un mois pour un gel douche.
– Il ne fond ni ne sèche trop vite et ne se craquèle pas dans le temps. S’il se ramollit trop vite, c’est qu’il contient trop d’eau et n’a pas séché assez longtemps lors de sa conception. Son « cœur » n’a pas eu le temps de durcir.
– Une fois entamé, un savon (traditionnel ou surgras) se garde environ vingt-quatre mois. Parfaitement stable, il vieillit bien et ne perd rien de ses propriétés au fil des années. Veillez toutefois à bien le conserver au sec, hors de l’eau stagnante.
– Lisez les étiquettes pour vérifier la qualité des matières premières en particulier les corps gras (privilégiez les huiles végétales -abricot, bourrache, amande douce, avocat…- plus bénéfiques pour la peau que la graisse animale -suif, denommée « sodium tallowate » dans la liste INCI- par exemple, constituant les savons industriels bas de gamme). Certains savons offrent aussi un supplément d’hydratation en remplaçant une partie de l’eau de dilution de la soude par du lait (brebis ou ânesse par exemple) qui apportent des nutriments intéressants.

produits hygiene corporelle allergies5[ CHIFFRES ]
– 56 % des personnes interrogées ont rencontré un désagrément suite à l’utilisation d’un produit d’hygiène. Soit dans plus d’un foyer sur deux.

– Les désagréments cités : assèchement de la peau (40 %), démangeaisons, picotements ou rougeurs importants (37 %), allergie cutanée (24 %).

– Dans près d’un foyer sur trois (30 %), un enfant a déjà subi des désagréments, dont le déclenchement d’allergies cutanées (13 %).

(source: enquête d’OpinionWay pour L’Arbre Vert, « Les Français et les produits d’hygiène corporelle », mars 2015.)

ZOOM SUR LE GEL DOUCHE : ATTENTION AU COCKTAIL CHIMIQUE !

C’est le nettoyant préféré des français qui sont 77% à s’en badigeonner quotidiennement.
Pour autant son innocuité est loin d’être garantie. En effet sa formulation est un savant cocktail d’agents chimiques, allergène et irritants pour certains.
composition gel douche - comment bien choisir douche
Le gels douches de supermarché utilisent tous en général des tensioactifs issus de la pétrochimie, parmi les plus irritants, le désormais célèbre SLS (Sodium Lauryl Sulfate, Sodium Laureth Sulfate) ou ses cousins (Ammonium Lauryl Sulfate et Ammonium Laureth Sulfate) entre autres.
La polémique sur les parabens (Methylparaben, Propylparaben, Buthylparaben, etc., tous comportent le groupe de lettres « PEG » inscrit en majuscules, parfois mentionnés sous leur nom scientifique pour mieux se cacher !; ils sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens), notamment, a donné lieu à leur remplacement par deux allergènes peut-être encore pire le methylisothiazolinone souvent couplé au methylchloroisothiazolinone. Et la mention « hypoallergénique » n’y change rien malheureusement ! (voir ci-dessous la réelle signification des allégations santé sur les produits d’hygiène). Les polyéthylèneglycol (PEG) et de polypropylèneglycol (PPG) utilisés en tant qu’humectant font aussi souvent partie de la bouteille. Fabriqués à partir de substances cancérigènes, ils sont accusés de rendre la peau perméable et laisser passer les substances nocives.
On y trouve encore des phtalates, des parfums synthétiques, des colorants ou des additifs comme les « Benzophénone/ Benzotriazolyl », des filtres solaires, uniquement pour protéger le produit des UV quand le flacon est transparent.

Souvent utilisé dans les gels douches en remplacement des conservateurs, le Methylchloroisothiazol n'est malgré tout guère plus sain et a été reconnu comme très allergisant...

Souvent utilisé dans les gels douches en remplacement des conservateurs, le Methylchloroisothiazol n’est malgré tout guère plus sain et a été reconnu comme très allergisant…

Même si le gel douche est un produit à rincer, donc moins nocif, il n’en reste pas moins que le contact répété, journalier pour certains, n’est pas sans risques, en particulier quand on sait que tout notre quotidien est une véritable « soupe chimique » qui nous expose en permanence (du maquillage à l’alimentaire aux produits d’entretien…). Notre corps absorbe les molécules chimiques. La loi ne tient pas compte de cet « effet cocktail ».

En revanche, un des atouts des gels douche est son pH qui souvent formulé pour être plus proche de celui de la peau et donc s’avère un peu moins décapant et desséchant que le savon.

Avec une formulation proche de celle des shampooings, certaines personnes se lavent aussi les cheveux avec, et a priori rien de négatif à cela, si ce n’est que bien sûr vous n’aurez pas d’effet conditionneur (ce qui ne devrait pas être le but d’un shampooing de toute façon: rappelez vous, il sert à nettoyer le cuir-chevelu point barre. A noter d’ailleurs que le pH de la fibre capillaire est encore plus acide que la peau.).
Idem pour un gel douche ou un savon : ce ne sont pas des soins hydratants, ils sont là pour éliminer la saleté, si possible sans trop décaper au passage!
Par contre, j’attire l’attention sur les gels douche corps et cheveux « qui ne piquent pas les yeux » (souvent des produits pour enfants ou bébé) : ces produits risquent d’avoir un pH plus élevé, proche de 7 (pH des larmes). Vous pourrez notamment le repérer par la présence de régulateurs de pH alcalin de type « Sodium hydroxide » en fin de liste INCI (notre fameuse soude qu’on retrouve dans le savon… un alcalin donc!), du coup on perd le bénéfice « affinité avec la pH de la peau adulte » et les désagréments que cela entraîne comme vu dans la 1e partie (sur « Perturbation du pH & de l’Ecosystème Cutané« ).

Echelle de pH : acide, neutre et alcalin

Echelle de pH : acide, neutre et alcalin

CARACTÉRISTIQUES & COMPOSITION D’UN BON GEL DOUCHE

L’idéal est d’utiliser un gel douche bio avec des tensioactifs doux d’origine naturelle tels que :
Coco Glucoside
Decyl Glucoside
Disodium Cocoyl Glutamate
Laurdimonium Hydroxypropyl Hydrolyzed Wheat Protein
Lauryl Glucoside
Sodium Cocoamphoacetate
Sodium Cocoyl Glutamate
Sodium Cocoyl Hydrolyzed Wheat Protein Glutamate
Sodium Cocoyl Hydrolyzed Wheat Protein
Sodium Lauryl Glucose Carboxylate & Lauryl Glucoside
Sodium Lauroamphoacetate

Les tensioactifs les plus doux (et les plus chers) sont les acylglutamates, à base d’acides aminés, reconnaissables au terme « glutamate» dans leur nom. Ils restent encore assez rares.
Autre famille: ceux obtenus à partir de sucres et d’huiles végétales, comme le coco glucoside, le lauryl glucoside ou le decyl glucoside. Ce sont des esters de sucre renouvelables, non toxiques, non irritants et biodégradables.

Petit bémol néanmoins : afin de ne pas utiliser de parabens, c’est souvent l’alcool qui est utilisé comme conservateur dans les formules bio, qui peut s’avérer asséchant ou être mal toléré par les peaux les plus sensibles. De plus ils ne moussent pas.

Opter pour un gel douche bio, c’est s’assurer de l’absence des principaux agents toxiques qui composent les produits dits conventionnels. Vérifiez bien que le produit porte un label officiel (cosmebio, BIDH, Ecocert…), garant de sa composition.

Privilégiez les formules « courtes », sans parfums, ni colorants (qui n’apportent rien en terme nettoyant et peuvent être allergisants), ni conservateurs donc et au pH physiologique (soit 5,5). En bonus des agents hydratants d’origine végétale sont toujours intéressants.
Un des régulateurs de pH destinés à acidifier le gel est souvent l’acide citrique (citric acid). Avec lui, le produit a de bonnes chances de respecter le « manteau acide » de la peau et c’est très important !

Pour plus d’infos sur les mentions et allégations « santé » sur les cosmétiques, voir mon article: « Hypoallergénique », « Testé dermatologiquement »… : que signifie vraiment les mentions des flacons cosmétiques ?

GEL DOUCHE OU SAVON: QUE CHOISIR ?

L’un et l’autre présentent des avantages et des inconvénients donc pour les départager il vous faudra prendre en compte votre type de peau, vos préférences et votre budget aussi bien sûr !

* Différences de composition :
Le savon présente une composition beaucoup plus simple que le gel douche donc minimise les risques en terme d’allergies. Il ne contient notamment pas de conservateurs et une chimie limitée. Les (vrais) savon de Marseille et d’Alep notamment sont fabriqués à partir d’huiles végétales et ne contenant aucun additifs, ni parfum, ni colorants. Seulement 4 ingrédients pour le premier qui doit contenir au moins 72 % d’huile végétale (olive ou coprah-palme) et ne comporte sur son étiquette que : sodium palmate (huile de palme), sodium cocoate (huile de coprah) et sodium olivate (huile d’olive), un peu d’eau (aqua) et des sels de soude (sodium hydroxide). Et c’est tout ! Sa couleur est soit crème quand il est formulé avec de l’huile de coprah-palme, ou verte s’il s’agit d’huile d’olive (une autre couleur est suspecte ).

Le vrai savon de Marseille se reconnaît à sa couleur et son sceau officiel. Il ne contient que 4 ingrédients.

Le vrai savon de Marseille se reconnaît à sa couleur et son sceau officiel. Il ne contient que 4 ingrédients.

Originaire de Syrie, le savon d’Alep contient, lui, environ 75 % d’huile d’olive et 10 à 20 % d’huile de laurier. S’il comporte de l’huile de coprah ou de palme, c’est un faux (très répandu). Autre intérêt: son taux de soude ne dépasse pas 0,5 % (souvent de la soude à base de sel de mer) et la glycérine 5% (Alep Premium). De plus, il s’agit très souvent de soude caustique naturelle (sel de mer). On le reconnaît aussi à son apparence : cube irrégulier, couleur naturelle ocre avec des reflets verts, mais si on le coupe il est vert vif à l’intérieur. Il est entièrement biodégradable

De façon générale le savon est aussi plus écologique : pas de flacon, pas de plastique.
Il est aussi moins cher et dure plus longtemps (voir ci-dessus)
Il se rince aussi plus facilement et donc nécessite moins d’eau.

* Pouvoir nettoyant du savon

:
Les agents lavants du savon sont très puissants, d’où cette sensation unique de propreté (malheureusement « trop » propre » et donc asséchant, voir ci-dessous). Son pouvoir nettoyant est supérieur à celui du gel douche. Il est, par essence, bactériostatique et fongistatique : il prévient le développement des bactéries et des champignons. Comme il se rince très bien, il ne laisse aucun film résiduel sur la peau : l’eau perle à la surface de l’épiderme, ce qui permet aussi de se sécher très vite et de retrouver le vrai toucher de la peau. Avec un gel douche, la peau reste humide plus longtemps.

* Respect de la peau, pH et desséchement du savon

:
Le principal souci du savon est sa nature plus asséchante et détergente qu’un gel douche, en particulier s’il n’est pas « surgras ». En effet, son pH est par nature alcalin, supérieur à 7, (dû à son ingrédient de base, la soude, un co-produit du chlore), alors que le pH de la peau est acide, une caractéristique importante pour l’équilibre de son écosystème et l’intégrité de son film hydrolipidique. Le pH de la peau est alors plus élevé pendant plusieurs heures si aucun cosmétique n’est appliqué suite au nettoyage, et peut-être modifié durablement suite à un usage répété (1,3). L’application de cosmétiques basiques (=alcalins), nuit à l’intégrité de la barrière cutanée et favorise la perte insensible en eau (PIE), c’est à dire l’évaporation d’eau à travers la couche supérieure de l’épiderme, mais aussi sa desquamation et certaines maladies de peau comme la dermatite mais aussi l’acné ou la candidose. (1-2)

Références :
1. M.H. Schmid-Wendtner, H.C. Korting. The pH of the Skin Surface and Its Impact on the Barrier Function. Skin Pharmacol. Physiol. 2006, Vol. 19, pp. 296–302.
2. J-P. Hachem, D. Crumrine, J. Fluhr, B.E. Brown, K.R. Feingold, P.M. Elias. pH Directly Regulates Epidermal Permeability Barrier Homeostasis, and Stratum Corneum Integrity/Cohesion. J. Invest. Dermatol. . 2003, Vol. 121, 2, pp. 345-353.
3. H.C. Korting, K. Greiner, K. Hubner, G. Hamm. Changes in skin pH and resident flora by washing with synthetic detergent preparations at pH 5.5 and 8.5. J. Soc. Cosmet. Chem. 1991, Vol. 42, pp. 147-158.

Même si la peau possède un bon pouvoir tampon (elle corrige elle-même son pH, contrairement aux cheveux), cela prend du temps et l’expose aux risques, c’est pourquoi les dermatologue recommandent un nettoyant au pH physiologique (soit 5,5). Toutefois les peaux normales peuvent bien le tolèrer, méfiance pour les peaux sèches ou sensibles. A utiliser éventuellement pour le corps mais pas pour le visage.
Même pour le savon d’Alep souvent dit « hydratant et réparateur » (aucune étude scientifique ne l’a prouvé toutefois), il n’est pas adapté pour toutes les peaux en particulier sèches et sensibles, et encore moins sujettes à l’eczéma (qu’il risque d’aviver selon le Dr Oliveres-Ghouti), en raison toujours de son pH basique qui affecte celui acide de la peau, quand bien même il contient de bons acides gras. Les médecins le déconseillent aussi sur les bébés et ls peaux acnéiques (risque d’assécher les boutons et de stimuler la fabrication d’un sébum de mauvaise qualité). En revanche aucune contre-indication pour les peaux normales, sans problème particulier.

Méfiez-vous aussi de l’expression « savon neutre » ou « pH neutre » qui figure sur les étiquettes. Chimiquement, le pH neutre est de 7 (ni acide, ni alcalin, puisque l’échelle du pH va de 1 à 14), tandis que le pH correct (neutre) pour la peau doit être compris entre 4,5 et 5,5. Vérifiez bien cette donnée.

A noter aussi que la présence de glycérine (si le taux dépasse 10%), censée hydrater en retenant l’eau de l’épiderme, peut produire l’effet inverse et dessécher la peau en puisant l’eau issue de l’épiderme.

* Hygiène du savon

Enfin, le savon peut se révéler moins hygiénique si vous ne le laissez pas sécher après chaque usage. Gare aux eaux stagnantes. En effet, le savon dur peut retenir à sa surface des bactéries (il n’est pas « auto-nettoyant » comme on pourrait le croire !), toutefois les études ont montré que ces dernières ne se transmettaient pas au corps : sous la friction et le rinçage à l’eau, ces micro-organismes éventuels sont éliminés et évacués par la bonde (en d’autres termes vous « lavez le savon » en même temps que vous vous lavez !). C’est pour cette raison qu’il est recommandé de ne pas partager à plusieurs un savon, ce qui en revanche est possible sans soucis avec un gel douche.

EN CONCLUSION, il n’y a malheureusement pas de produit nettoyant parfait, on aura toujours un effet détergent et agressif pour la peau. Tout ce qui est possible de faire est de l’atténuer au maximum, en optant pour un produit le plus doux possible et en limitant/ciblant les applications. Ensuite c’est votre type de peau (normale, sèche, sensible, atopique…), éthique, gouts personnels et budget qui vous guideront dans votre choix !

Les crèmes (émulsions) et corps gras pour hydrater la peau :

Les pommades sont des produits épais et gras. La plupart ne contiennent pas d’eau. Leur efficacité est sans égal pour hydrater la peau très sèche et sur de grandes surfaces de peau. Elles sont habituellement bien tolérées par les patients qui ont de l’eczéma.
Les crèmes sont un mélange de corps gras et d’eau. Elles donnent une sensation de légèreté et de fraîcheur sur la peau. On utilise très souvent des crèmes sur les crevasses et pour éviter que la peau ne se dessèche. Chez les patients qui ont de l’eczéma, ces produits « piquent » ou provoquent une sensation de brûlure sur la peau.
Ce sont les lotions qui contiennent le plus d’eau. Elles sont faciles à étaler et peuvent procurer une sensation rafraîchissante sur la peau. Elles peuvent être utilisées sur le cuir chevelu. Elles ne sont pas aussi efficaces que les pommades ou les crèmes pour hydrater la peau sèche. Sur la peau très sèche, les lotions peuvent causer un inconfort ou des picotements.

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