Est-il bon de masser son cuir-chevelu avec une huile (bain d’huile 2) ?

Les huiles végétales sont conseillées pour hydrater et nourrir les cheveux secs ou abîmés, de façon naturelle (voir article sur les bains d’huile). Leur teneur élevée en acides gras contribue en effet à restaurer le film hydro-lipidique de la fibre capillaire endommagée ou asséchée.

Elles enrobent le cheveu d’un film protecteur qui le gaine, lui redonnant douceur et brillance. Certaines huiles plus pénétrantes, comme celles de noix de coco ou d’olive, pourraient aussi combler ses fissures plus profondes. Toutefois, si leurs bienfaits sont reconnus pour traiter les longueurs, elles ne sont pas toujours adaptées en application sur le cuir-chevelu… :

Le cuir chevelu : un écosystème sensible à respecter

Tout d’abord, il faut rappeler que le cuir-chevelu est une matière vivante, contrairement au cheveu qui est une fibre biologiquement morte. Le cuir-chevelu constitue en effet la peau de notre crâne très fortement irriguée par le sang. Il joue ainsi le rôle de « terre nourricière » de notre chevelure, en apportant aux racines (follicules pileux) les nutriments nécessaires à leur vie.
Il faut donc veiller à son équilibre permanent qui ne doit être ni trop sec ni trop gras (voir article).

Savoir identifier la vraie nature de son cuir chevelu

D’autre part, il faut identifier la véritable nature de son cuir-chevelu. En effet, il est assez fréquent qu’un cuir-chevelu soit gras ou normal et que la tige capillaire soit sèche par exemple. Si vos cheveux sont secs, cela ne signifie pas du tout que votre cuir-chevelu est obligatoirement sec.
Un cuir-chevelu sec par nature est plus rare et est souvent lié à l’utilisation de traitements agressifs (sèche-cheveu, coloration, traitement chimique divers…).
Un cuir-chevelu sec se reconnaît parce qu’il tiraille et gratte, pouvant produire des petites pellicules sèches neigeuses, se détachant du crâne (dues au craquellement de la peau).

Huile végétale et cuir chevelu font-ils bon ménage ?

L’application d’une huile directement sur le cuir-chevelu peut s’avérer trop grasse, alors que cette zone est déjà en général assez fortement lubrifiée par le sébum directement produit à sa racine.
Le risque est alors de boucher les pores et donc d’empêcher le cuir-chevelu de respirer correctement. En effet le sébum doit pouvoir s’écouler à l’extérieur du follicule et non à l’intérieur.
Un excès d’huile peut aussi créer un aspect terne et graisseux de la chevelure ainsi alourdie et saturée.

D’autre part les huiles ont tendance à attirer la poussière et autres polluants pouvant aggraver d’autant le phénomène.

Les diverses nuisances liées à un cuir-chevelu trop gras peuvent alors surgir : pellicules (le champignon qui en est responsable se nourrissant notamment de l’oleic acide que contiennent de nombreuses huiles végétales), démangeaisons mais également des réactions comédogènes (comme cela peut arriver sur la peau).

Indice de comédogénécité selon les huiles :

_ Indice 0 : PAS DU TOUT COMEDOGENE ( Jojoba, Argan, Avocat, Babassu, Baobab, Camelia, Cameline, Chanvre, Noisette, Son de Riz, Tournesol..)
– Indice 1 et 2 : PEU COMEDOGENE ( Abricot, Amande douce, Argousier, Carthame, Chaulmogra, Macadamia, Nigelle, Onagre, pépin de Raisin, Ricin, Sésame, Soja)
_ Indice 3 et 4: COMEDOGENE (Bourrache, Coton, Lin, Coco, Noyau de Pêche, Rose Musquée, Cacao)
_ Indice 5: TRES COMEDOGENE (Germe de Blé)

Les huiles végétales sont donc éventuellement à réserver aux cuirs-chevelus vraiment secs et/ou agressés par des traitements mécaniques ou chimiques. Certaines personnes estiment qu’elles peuvent aussi aider à stimuler la pousse des cheveux, en favorisant l’irrigation et micro-circulation (toutefois attention à l’excitation des glandes sébacées pouvant conduire à l’excès inverse, méfiance aussi sur les massages du cuir-chevelu pouvant aussi présenter divers effets négatifs notamment bactériologiques : voir article).
Je recommanderais plutôt de recourir à une émulsion à base d’humectants (urée, panthénol, etc.) pour hydrater, soulager et apaiser les cuir chevelus secs qui tiraillent ou grattent ou encore à tendance pelliculaire (voir mon article : Cuir chevelu sec ou pellicules : comment faire la différence et comment les traiter ? ).

On applique l’huile sur le cuir-chevelu en traçant des raies puis en effectuant un massage très doux en faisant glisser ses mains et en bougeant la tête.

Enfin certaines huiles sont réputées comme utiles pour remédier aux problèmes de pellicules (comme l’huile de jojoba, argan, sésame…) et autres problèmes du cuir chevelu.

Actuellement aucune huile n’a d’action scientifiquement prouvée quant à la pousse des cheveux (leur action se situe davantage dans la protection de la fibre capillaire, prévenant sa casse éventuelle), à l’exception de l’huile d’Eclipta alba.

Si certaines personnes peuvent retirer des bénéfices à masser leur cuir-chevelu avec une huile, mieux vaut demander l’avis d’un dermatologue avant de se lancer et d’avoir dans tous les cas la main très légère, tout en privilégiant des huiles fluides non grasses, mélangées à un jus de citron. Un diagnostic préalable au microscope de son cuir-chevelu s’avèrera aussi utile.

A éviter absolument dans tous les cas : les huiles non naturelles commercialisées par les marques (« huile merveilleuse » « huile miraculeuse »…), et qui sont en général bourrées de silicones, d’huile minérale et autres substances chimiques.

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